#CEB17 : décryptage de l’enquête sur l’éclairage des bureaux

#CEB17 : la Conférence sur l’Eclairage des bâtiments de Bureaux, pour décrypter l’enquête éponyme du Ceren.

Réunir le secteur de l’éclairage pour en débattre

Le 10 octobre, le Syndicat de l’éclairage a réuni une centaine d’invités pour la présentation de l’étude Ceren 2017 sur l’éclairage des bâtiments de bureaux. Les participants étaient issus de toute la chaîne de valeur du secteur de l’éclairage, du fabricant de composants au prescripteur de solutions et à l’utilisateur. Programme de #CEB17: après avoir entendu la présentation académique de Jacques Buchet – Directeur du département technologies du Ceren – la salle a assisté à une table ronde où les commanditaires de l’étude ont pu donner leur point de vue sur ces données.

#CEB17 : 10 ans après, une nouvelle étude sur l’éclairage des bureaux

En 2006 avait déjà eu lieu une étude du même genre : une centaine de bâtiments de bureaux avaient été audités, donnant une image précise des installations d’éclairage en place. On avait alors constaté qu’en matière de performance énergétique, comme de confort d’éclairage, la marge de progrès était énorme. Cette étude de 2006 est disponible au Syndicat de l’éclairage sur demande.#CEB17 Evolution de la surface de bureaux en France en 2017Le Ceren, dont c’est la compétence, avait extrapolé les résultats de manière à pouvoir disposer de données statistiques fiables sur l’ensemble du parc français de l’immobilier de bureaux. Dix ans plus tard, le Syndicat de l’éclairage a proposé de réitérer cette enquête. Intéressés par des résultats qui impactent directement leur activité, les opérateurs économiques que sont RTE et Récylum ont répondu à l’appel, avec le soutien de l’Ademe. Il est d’autant plus intéressant que le même organisme, le Ceren, ait mené les deux enquêtes : cela a permis de faire des comparaisons et d’analyser finement l’évolution des installations d’éclairage dans les bâtiments de bureaux sur une décennie.

Les principaux enseignements

Une consommation totale en baisse malgré un accroissement du parc

La consommation d’électricité annuelle pour l’éclairage de ce parc est chiffrée à 6,7 térawattheures (milliards de kWh). À noter que la consommation pour l’éclairage public est sensiblement du même niveau. Cela représente 12 % de la consommation totale d’énergie de ces bâtiments et 18 % de leur seule consommation électrique. Pour les espaces de travail uniquement (bureaux et salles de réunions), la consommation pour l’éclairage représente près de la moitié de la consommation d’électricité pour l’éclairage de ces bâtiments. Par rapport à 2006, on observe une baisse des consommations globales de presque 9 %, qui doit être mise en regard de l’augmentation des surfaces et de celle des luminaires, dont le nombre total passe à plus de 45 millions.

#CEB17 Jacques Buchet - Ceren

Jacques Buchet – Ceren – présente les résultats de l’étude qu’il a supervisée

Dans les espaces de travail (bureaux, openspaces, salles de réunions), les surfaces ont augmenté elles aussi d’environ 17 %, mais les consommations y baissent de plus de 13 %. De nombreuses explications peuvent être avancées. Il est probable qu’il s’agisse plus d’espaces de travail que l’on a veillé à rénover, avec des luminaires plus efficaces et moins énergivores.  On peut aussi penser que, dans certains cas, les niveaux d’éclairement mis en place ont baissé.

Encore beaucoup d’installations énergivores

En moyenne, à l’échelle du bâtiment, les puissances installées ont baissé de près de 14 %, et de 18 % dans les espaces de travail.#CEB17 Infographie baisse de la puissance installéeLes luminaires électroniques pour tubes fluorescents T5 et T8, et maintenant LED, constituent la majorité des luminaires des installations neuves ou rénovées, et sont donc en effet aujourd’hui plus nombreux qu’il y a dix ans. Mais la situation est contrastée : les circulations, toilettes et locaux techniques sont encore équipés de lampes à incandescence halogènes et à décharge, très consommatrices d’énergie. Dans les bureaux en revanche, il reste seulement 5 % de lampes halogènes et surtout, dans près de 45 % des cas, des luminaires avec ballasts ferromagnétiques pour tubes T8, qui datent de plus de 10 ans. Passer aux solutions électroniques réduirait d’un quart au minimum les consommations, sans même parler du bonus de la gestion automatique…

Un objectif : la gestion

La présence, encore majoritaire dans ce parc installé, de technologies d’éclairage obsolètes va de pair avec la faible proportion de surfaces bénéficiant de commandes automatiques par détection de présence (10 % des surfaces) ou gradation en fonction des apports de lumière du jour (moins de 8 %). En effet la mise en œuvre de ces systèmes implique d’installer des luminaires électroniques.

#CEB17 Bruno Lafitte“La détection de présence est une technologie parfaitement mature” Bruno Lafitte – Ademe

Heureusement, diviser par 3 ou 4 les consommations pour l’éclairage de ces bâtiments, sans rien céder au confort, est un objectif atteignable et rentable rapidement: Bruno Lafitte – Ademe – le rappelle : la détection de présence est une technologie parfaitement mature. Dans ce contexte, l’arrêté du 28 mars 2017 qui impose d’installer ces solutions de gestion lors des rénovations à partir de janvier 2018, est bienvenu.

Pourquoi attendre ?

Ce slogan de l’Ademe est toujours d’actualité. Tout est prêt aujourd’hui pour qu’on avance enfin dans la rénovation active et intelligente. Imaginez qu’on découvre seulement aujourd’hui le thermostat, qui régule automatiquement la puissance du chauffage pour garantir un niveau constant de confort thermique en fonction des températures ambiantes. C’est un système aussi simple qui fait varier en permanence la puissance des luminaires pour assurer un niveau d’éclairement constant sur le bureau, ou dans les couloirs, et qui permet, en même temps, des économies d’énergie en profitant des apports gratuits de la lumière du jour ambiante.

#CEB17 Julien Arnal“Avec 22% des bureaux éclairés à moins de 300 lux, il est urgent de rénover l’éclairage!” Julien Arnal – Président du Syndicat de l’éclairage

Les résultats de cette enquête montrent aussi que les niveaux d’éclairement dans les espaces de travail sont loin d’atteindre le niveau de 500 lux prescrit par la norme. Il reste donc encore beaucoup de bureaux à rénover, même si des progrès ont été faits en efficacité énergétique et en ergonomie. Au-delà de l’économie et des conditions de travail, on note une prise de conscience des nombreuses améliorations apportées par un éclairage rénové.

Plus que la lumière…

Aujourd’hui, tout se passe comme si l’apparition disruptive de la technologie LED avait ouvert aussi les esprits de tous les acteurs de la filière, jusqu’à l’utilisateur final, sur les possibilités de l’éclairage numérisé. Beaucoup d’acteurs imaginent de nouvelles transitions dans les usages et fonctions de la lumière, d’abord pour s’éclairer mieux, à la maison comme au travail, mais également pour aller plus loin…

Lors de cette conférence #CEB17 on a aussi entendu que la qualité des ambiances lumineuses intérieures, incluant désormais la notion des inconforts visuels, va devenir un sujet de bien-être au travail au même titre que commence à l’être la qualité de l’air. Prendre en compte des besoins différenciés selon l’âge ou l’état de la vision, apporter du bien-être en s’adaptant aux moments de la journée de travail, favoriser les rythmes biologiques, sont autant de nouvelles pistes qui s’ouvrent et dont les avancées sont rapides… L’approche « Human Centric Lighting » des fabricants du Syndicat de l’éclairage en est la manifestation la plus actuelle. Pour Lionel Witkowski, les 3 courants à surveiller à moyen terme sont donc l’éclairage connecté , le Power over Ethernet  et enfin l’éclairage centré sur le bien-être de l’Homme “Human Centric Lighting” . Enfin, le maillage des installations d’éclairage intérieur et extérieur offre un réseau incomparable, à nul autre pareil, et déjà disponible, pour satisfaire nos besoins exponentiels de communication.

Maintenance et économie circulaire

La maintenance et la fin de vie des installations ont bien entendu été abordées.

En ce qui concerne la maintenance, sans grande surprise, le remplacement des lampes usagées (principalement des tubes fluorescents) est souvent la seule opération réalisée. Nettoyer les luminaires, ou vérifier que les niveaux d’éclairement sont respectés, font rarement partie des préoccupations des exploitants.

#CEB17 nettoyage des luminaires #CEB17 recyclage des lampes - économie circulaire

Concernant la fin de vie des produits, les exploitants semblent mieux informés, puisque 80 % d’entre eux déclarent que les lampes usagées sont collectées pour être recyclées. En matière d’économie circulaire on peut même imaginer une évolution importante des pratiques puisque pour Lionel Witkowski – PDG de Trilux France et Président de la Commission Eclairage Intérieur et Vice-Président du Syndicat de l’éclairage – on songe même à un marché de l’occasion pour les luminaires !

#CEB17 Circular Economy

Les boucles de l’économie circulaire © Ellen MacArthur Foundation

“We clearly see that the Lighting industry, boosted by the fast transition towards LEDification, is moving in the direction of manufacturing “circular products” with extended lifetimes and additional capabilities compared to conventional products” Ourania Georgoutsakou – Secrétaire Générale de LightingEurope

Cette évolution a toutes les chances de se produire plus tôt que prévu, si l’on en croit ce qu’explique LightingEurope dans son récent livre blanc intitulé : “Opérationnalité des luminaires pour une économie circulaire – Serviceable Luminaires in a Circular Economy”.

Mme Ourania Georgoutsakou, Secrétaire Générale de LightingEurope, explique dans un communiqué que la notion de “serviceability” (maintien et évolution des conditions opérationnelles) fait référence à la capacité modifier le produit après sa mise en service pour prolonger sa durée de vie technique et économique, et améliorer l’expérience utilisateur. Elle indique également que les fabricants s’orientent de plus en plus vers l’économie circulaire, grâce aux possibilités offertes par les produits LED, avec des durées de vie étendues et des fonctions additionnelles. En France, ce discours est encore nouveau mais prend rapidement de l’ampleur. La conférence #CEB17 aura été une bonne opportunité d’aborder le sujet.

15 bonnes raisons pour…

Regroupées sous le titre “15 bonnes raisons pour ne plus négliger l’éclairage des bâtiments de bureaux”, les infographies réalisées par le Syndicat de l’éclairage à l’occasion de cette Conférence sur l’Eclairage des Bureaux (#CEB17) résument les principaux enseignements à tirer de l’enquête. Elles sont à retrouver en détail sur une page dédiée, où vous pourrez les télécharger en pleine résolution: #CEB17 aperçu infographies   Pour aller plus loin : retrouvez sur PeriscopeTV la retranscription de la présentation Ceren puis de la table ronde, et tous les tweets publiés durant cet événement avec le #CEB17 EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer

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